Mercredi 4 avril 20h30

Film "Mourir à trente ans" de Romain Goupil

Séance suivie d’une discussion avec Pascal Ory, historien spécialiste de l'histoire culturelle du politique, grande plume de la revue L’Histoire… et passionné de cinéma.

Tarif unique du mercredi 4€

Mourir à trente ans sur Viméo ICI

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Pascal Ory interviendra le jour même à 14h à l'Hôtel Assézat dans le cadre du cycle des Conférences Savoirs Partagés "1968, et après?" de l’Université Toulouse Jean Jaurès. Plus d'information ICI.

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Le film - Documentaire - 1h35min

1965. Michel Recanati rencontre Romain Goupil. La guerre qui frappe au Viêtnam déclenche leur prise de conscience politique. Le premier devient militant d'extrême gauche et s'inscrit sur les listes de la Jeunesse communiste, dirigée par Alain Krivine, le second l'un des leaders du Comité d'action lycéen. Une profonde amitié commence. Mai 68. Les barricades se dressent, les vieilles valeurs s'effondrent. On s'engage. Les années passent et la désillusion s'installe, même si bon nombre de valeurs idéologiques ne les lâcheront plus. Seule la mort prendra le dessus. Le 23 mars 1978, Michel se suicide, sans explication. Romain Goupil revient sur leur amitié...

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Pour aller plus loin...

Après le suicide de son ami Michel Récanati, Romain Goupil s’interroge sur son passé militant d’extrême gauche, de membre des CAL (Comités d’action lycéens). Il insère au milieu d’images d’assemblées générales et de manifestations tournées en 1968, des documents intimes et des témoignages d’anciens camarades qui participent de ce portrait d’une génération.

« Quatorze ans plus tard, voilà qu’un film, Mourir à trente ans, de Romain Goupil, s’adresse à toute cette génération qui a « raté » l’événement (un peu comme on a raté à jamais, un tour de chant d’Edith Piaf), et nous met, très concrètement, au pied du mur de ce que fut mai 1968, nous fait toucher du doigt, fraternellement, en grand frère, cette plaie toujours vive, non pas pour nous mettre du sang sur les doigts, mais pour qu’on examine la dimension de la plaie, sa figuration, et la nature exacte du coutelas qui l’a ouverte. Enquête sur un espoir manipulé, enquête sur la mort d’un ami. Le sanglot reste intérieur, mais le film de Romain Goupil donne une terrible envie de pleurer. Pas seulement parce qu’il en va de la mort d’un jeune homme, mais parce qu’il en va de la mort de l’espoir de cet homme, et de toute une génération. Voyez ces têtes sur l’écran, ces visages interrogés devant le fond neutre d’un studio aménagé en appartement, comme ils sont marqués. On a un frisson de rescapé en pensant qu’on a seulement frôlé l’espoir, qu’une date de naissance a empêché qu’il nous atteigne, et on écope maintenant son contrecoup, comme un courant d’air glacial qui nous rase le dos, comme une zone sinistrée qui s’étend derrière nous dès qu’on tourne la tête.

Mourir à trente ans est un film inoubliable, parce qu’il marque la conscience, comme un tampon : si nous sommes bien des constructions individuelles qui se font lentement au cours de la vie, avec travaux d’élargissement, fissures ou effondrements, le film de Goupil nous désigne un trou, une pièce manquante que nous ne pouvions même pas colmater puisqu’elle nous était inconnue. Et parce qu’il est généreux, sincère, en même temps qu’il désigne ce vide, le film tente d’en faire un plein. »

Hervé Guibert, Le Monde, 17 juin 1982

Séances

du Mercredi 15/08 au 21/08
du Mercredi 22/08 au 28/08

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