Le festival de cinéma expérimental et d’art vidéo !

Le jeudi 7 avril à partir de 14h, rencontre autour d'un atelier mené par 3 artistes

Telemach Wiesinger, Renata Andrade, Cédric Févotte.


Et à partir de 20h une séance de projections :

Salin

de Anne-Marie Bouchard | Vidéo  2:56 | Canada (Spira)

Formée de boucles visuelles et sonores, cette œuvre explore des textures organiques en relation avec des images tournées en Gaspésie en 1966. La caméra nerveuse de mon grand-père, alliée à sa fascination pour certains mouvements anodins, résonne avec ma pratique artistique. Un atelier de création de pellicule organique à base d’algues m’a incitée à composer avec ces images, m’induisant à travailler la pellicule de manière organique et écologique mais aussi ludique. J’ai fait ce film par jeu et plaisir. L’atelier offert par le TAIS – Toronto Animated Image Society- m’a donné le prétexte et l’élan de créer cette courte expérimentation. Vladimir Konic a imaginé en période de confinement, une méthode pour créer et numériser une pellicule à base d’algues. Les textures et couleurs créées avec ces encres et pellicules organiques m’ont happée. Leur combinaison avec des images d’archives familiales récemment numérisées s’est faite naturellement. Quoi de plus naturel que de marier des images de Gaspésie avec des textures d’algues? Le procédé allie technologies analogiques et numériques, film 8mm et pellicule organique. La trame sonore provient de chutes inutilisées d’autres projets.

Lucina Annulata

de Charlotte Clermont | Vidéo | 04:12 | Canada (Vidéographe)

Ensoleillé. Des séquences sémantiques guident le regard, un regard qui se trouve parfois soulevé, propulsé vers le bas, ensuite trop haut ou immobile devant un plan méconnaissable et pourtant si familier. Les images, liées par des échos de palettes chromatiques et de calques linéaires, défilent au rythme d’une voix qui rappelle une incantation sacrée. L’ensemble du travail de Charlotte Clermont aborde le concept du moment par la construction d’associations symboliques et affectives. Sa pratique se développe autour de la collaboration, par l’intermédiaire de la vidéo et du son. Elle fait usage de dispositifs d’enregistrements analogiques, en travaillant la malléabilité des pellicules et bandes-magnétiques, dans l’intérêt de construire des espaces-temps qui se situent entre l’imaginaire et le souvenir, le passé et le présent.

The Sailor

De Giovanni Giaretta | Vidéo | 09:00 | Pays-Bas (LIMA)

Une voix over relate l’histoire d’un marin qui rêve d’une patrie qu’il n’a jamais connue ; jour après jour, le marin édifie son nouveau pays d’origine, le créant, le modelant avec le fond de son âme, néanmoins les mots prononcés ne se comprennent pas.

S’inspirant de la pièce de Fernado Pessoa, The Mariner, The Sailor s’intéresse à la manière dont chacun de nous conçoit ce qui est notre chez-soi et ce qui lui est étranger, alors que simultanément, elle s’approche des questions liées aux langues et à leur traduction.

En jouant sur la perception de celui qui regarde, l’embrouillant et la mouvant, alors même que les paysages piègent les yeux par des illusions en jeu d’ombre, la voix féminine parle en Na’vi, une langue inventée pour le film Avatar.

Comme une deuxième voix ou un dialogue intérieur, les sous-titres explicitent la relation particulière établie entre les mots, les images et l’imagination.

Esquisse pour un portrait de Gilberte Swan

de Gauthier Beaucourt | Vidéo | 06:44 | France

Un jour de printemps où je marchais rue Monge à Paris, près du métro Censier-Daubenton, passèrent devant moi, traversant la rue, deux jeunes filles habillées comme celles de certains tableaux impressionnistes. L’une d’elle, brune, revêtait une robe en dentelle blanche et un canotier, l’autre, rousse, une jupe de lin bleu clair, un chemisier blanc bouffant et tenait une ombrelle. Elles faisaient ainsi, vraiment XIXe siècle et moi, spontanément j’ai pensé : « Oh ! Albertine et Andrée sans doute ». Depuis, j’ai souvent pensé que cela pouvait être beau de provoquer, dans les films auxquels je songeais alors, de petites irruptions de personnages d’À la recherche du temps perdu, mais de la même façon que m’étaient apparues ces deux jeunes filles, à la fois anachronique et documentaire. Et puis, j’ai un peu oublié. C’est plus tard, dans un moment de désœuvrement, que je me suis mis à bidouiller sur ma table de montage, les images super 8 numérisées d’un précédent film, La jeune fille dans la serre et pour lequel j’avais demandé à une amie, Djohor, de bien vouloir jouer. Au départ, il s’agissait pour moi d’expériences plastiques, à la façon de la chimie amusante de Gaston Lagaffe. J’avais en tête quelques films de Claudine Ezyckman. Mais voilà, sur ces rushes, il y avait aussi des cygnes, une petite église, un chemin, des fleurs… et c’est là que Gilberte Swann a surgi, droite comme une évidence, au milieu d’images qui renvoyaient toute soudainement à l’œuvre de Marcel Proust, et moi, tout content, j’avais un petit film.

Sign

de Robert Cahen | Vidéo | 15:35 | France (Heure Exquise)

Respiration symphonique en quatre mouvements où musique et sensualité des images par glissements subtils s’offrent en contrepoint. Petite histoire d’une rencontre à déchiffrer.

Le film Sign a été pensé et construit avec des images d’une installation de 2011 ; images qui avaient été travaillées en 1994, dans les studios numériques du CICV, en collaboration avec le monteur truquiste, Bernard Bats ; quant à la musique, elle a été composée par André Bon, un ami de longue date, rencontré dès 1973, au Service de la Recherche de l’ORTF alors qu’il étudiait la musique concrète au Groupe de Recherche Musicale.

4 Doors est le titre de sa composition, qui m’a très vite dirigé vers des images anciennes, en partie déjà assemblées dans cette installation Paysages de Chine mais que j’avais déjà retenues dans mon film L’étreinte de 2003.

Under Certain Circumstances

de Elena Vertikova | Vidéo | 03:00 | Pologne

La vidéo-performance a été créée dans l’espace de l’ancien réservoir d’eau historique de Sobieski. Le réservoir a la forme d’un cercle d’une centaine de mètres de long. Le réservoir alimentait la ville en eau, mais il est maintenant vide depuis longtemps.

L’œuvre achevée reposait sur la recherche menée de l’espace au sens de sa topographie – la circularité, mais aussi sur la condition d’absence de lumière et d’eau, qui révélait des oppositions binaires et antagoniques dans le cadre : début/fin, lumière/obscurité , absence/présence, linéarité/cyclicité. Ces dichotomies sont devenues des inspirations pour la création d’œuvres spécifiques. La sémantique et l’étymologie des mots sont également devenues une force motrice dans la réalisation du concept artistique : ,,layer” comme un lieu inondé d’eau ; ,,mémoire” comme un retour vers le passé; ,,end” porte le sens du début.

La performance a duré 58 minutes. Au début de celle-ci il y avait un seau plein d’eau. L’eau s’est écoulée d’un seau à l’autre à chaque passe. La performance s’est terminée quand il ne restait plus d’eau durant le processus.

Like themselves

de Noémie Sjöberg | Vidéo | 03:03 | France/Espagne (Heure Exquise !)

Like themselves (Comme elles-mêmes) explore l’idée d’habitus corporel, de conduite, de transmission générationnelle. Dans la vidéo, nous suivons une jeune fille qui a appris le métier de «plagiste» de ses aînés pendant que nous regardons une femme âgée faisant la même tâche. Une scène quotidienne qui, dans son simple naturel, révèle des questions essentielles d’identité et de nature humaine. La similitude entre les 2 personnages est telle que l’une pourrait être la version jeune de l’autre ou inversement ; elles semblent former deux temporalités d’un seul être.

La méduse du lac

de Lucie Marchand | Vidéo | 11:40 | Canada (GIV)

La Méduse du lac est une ode à une décennie de dérives renouvelées en longeant une même berge. Elles m’ont invité à commettre les captations diversifiées que le montage superpose. S’y entendent les ritournelles de chants d’oiseaux et un silence. Une nageuse vectorielle traverse le champ. Soudain, ses cheveux peints à l’encre la métamorphosent en méduse qui rejetterait des serpents, puis elle les réintègre et nous libère du regard figé ; celui de la réciprocité du voir et de l’être-vu… du déjà-vu.

Ophélie

de Muriel Montini | Vidéo | 5:00 | France

Les mots tuent encore et encore.

Le silence a disparu

de Sarah Seené | Vidéo | 02:34 | Canada (Vidéographe)

Le silence a subitement disparu quelque part au milieu du mois de janvier 2019, à la suite d’un événement traumatique survenu un an auparavant. Depuis ce jour, plusieurs bruits blancs, scintillements auditifs et autres fréquences dysfonctionnelles m’accompagnent à chaque moment du quotidien, comme une superposition de symboles impalpables du trauma.

Ce film-autoportrait tourné en Super-8 illustre le chaos sensoriel provoqué par ce que l’on nomme les “acouphènes permanents”, qui relèvent de la typologie des douleurs dites ”fantômes”, semblables à d’inépuisables vagues d’ondes sonores qu’il m’a fallu apprivoiser afin de définir un nouvel état du silence.

Ophélia

de Mathilde Rachet | Vidéo | 05:12 | France

Réalisée dans le Parc Saint Léger à Pougues-les-Eaux, Ophelia évoque le réveil d’une créature qui capture des hommes pour les donner en proie à un marais. Ma volonté première était d’être la figure topique de film de genre, du monstre portant la femme évanouie ; cependant, comme figure au féminin, elle arbore dans ses bras un homme évanoui. La difficulté de le porter crée une tension dans le corps, provoque plus de densité, privilégie sa verticalité, en brisant l’horizontalité des plans suggérée par la ligne d’eau du marais. Le montage alterné se double d’un montage sonore par contamination ainsi qu’un jeu sur la subjectivité des plans d’eau pour susciter une ambiguïté quant à la nature de l’action. Le marais peut s’appréhender comme une entité à part entière ou comme une vision fantasmagorique plus abstraite.

I was where I was

de Gabriele Rossi 

Vidéo | 02:01 | France

Quelqu’un traverse les fins voiles d’une pellicule vers le dehors.

Je tourne beaucoup sur pellicule, des pellicules anciennes, fêlées et divinatoires. J’aime leurs imperfections, les craquelures qui rendent visible l’action du temps, leurs vibrations mystérieuses qui tranchent avec la netteté du numérique. D’emblée j’ai choisi cet outil pour raconter des histoire perdues, enfouies, fragments de rêves et souvenirs qui s’effacent, d’un passé indéfini : j’y explore l’autre côté du miroir, le revers négatif du réel.

I was where I was raconte un égarement, soudain et douloureux, dans un monde irréel. Une traversée de la nuit, à la recherche d’une issue.

Als ich can

de Siegfried Bréger | Vidéo | 12:00 | France

“Qu’en à vouloir trouver à tout cela un sens plus large et plus élevé à emporter après le spectacle avec le programme et les esquimaux, je suis incapable d’en voir l’intérêt, mais ce doit être possible. Je n’y suis plus, et je n’y serai plus jamais. Estragon, Vladimir, Podzo, Lucky, leur temps et leur espace, je n’ai pu les connaître un peu que très loin du besoin de comprendre, et de vouloir des comptes peut-être, qu’ils se débrouillent, sans moi. Eux et moi, nous sommes quittes.” (Samuel Beckett)

Mon parcours et surtout différentes rencontres m’ont amené à regarder, à voir d’une certaine façon, d’une autre façon.

Aujourd’hui, je cherche à réaliser des films qui sont au cinéma ce que la poésie est à la littérature.

Je commence la plupart du temps par retenir un titre dans un coin de ma tête qui va me servir plus ou moins de guide pour récolter des éléments visuels et sonores qui seront par la suite classés par thématiques. Les éléments que j’aurais moi-même créés se mélangent alors à ceux qui préexistent.

Je superpose les images, varie leur vitesse, change leur colorimétrie… pour créer autre chose. Je fais un collage cinématographique, où les bouts de films, de musiques, de vidéos, de pensées forment un tout uniforme, une œuvre nouvelle.

Je ne raconte pas d’histoire mais tente au contraire de me soustraire au sens seul et articule entre eux des blocs ou fragments qui se percutent puis s’entremêlent pour tenter de susciter des émotions.

Les citations sont constitutives de mes films et viennent ponctuer l’ensemble qui forme comme un incertain autoportrait aux contours flous sur un sol mouvant ou un bulletin d’état de ma conscience à un instant T. Il résulte surtout du film une expérience personnelle, intime, qu’on a envie de garder pour soi.

Lo salvaje domesticado

de Isabel Pérez del Pulgar | Vidéo | 8:41 | France / Espagne

Price définit, en 1984, la “domestication” comme un processus par lequel une population animale s’adapte à l’homme et à une situation de captivité par une série de modifications génétiques qui se produisent au long de générations ainsi qu’une série de processus d’adaptation produits par l’environnement et répétés par ces générations. Cette définition concerne à la fois les animaux, les plantes mais aussi les êtres humains. De la domination équilibrée à la poursuite de la survie selon l’échange d’avantages, la domestication a atteint l’exploitation voire l’extermination. Ainsi la biogénétique se lance-t-elle sur une voie accélérée de transformations et de modifications qui pourraient s’avèrer en certains cas indésirables, si elles sont menées par le contrôle des ressources et des corps au profit de l’accumulation de pouvoir et de richesse par/pour un groupe restreint.

La nature et les êtres qu’elle abrite demeurent dans un imaginaire collectif mené par les désirs et les rêves, ils n’appartiennent pas à une réalité modifiée. La forêt y a été “paysagée”, ce qui brouille sa valeur symbolique, désormais remplacée par la valeur économique ou d’expérience ; ce sont des chaînes qui emprisonnent le cheval, des écrans qui encadrent et contrôlent le paysage. Des écrans qui nous conduisent jusqu’à un espace virtuel où le monde physique a été dématérialisé.

La nature comme métaphore de l’état collectif actuel. Exploitation, division, précarité, inégalités… L’évolution des avancées technologiques, le contrôle des médias, le contrôle des institutions par le pouvoir économique, aux mains de quelques-uns, ont aliéné une grande partie de la population. Perdu dans des espaces virtuels à la recherche de paradis perdus.

 

www.traverse-video.org

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du Mercredi 10/08 au 16/08
du Mercredi 17/08 au 23/08

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Du 6 juillet au 31 août 2022, un programme de 10 films musicaux composé par l'équipe de l'ABC.

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