C’était en 1966, peut être début 1967, le temps affaiblit le souvenir tout en l’enjolivant, délicieux paradoxe qui fait glisser l’évènement, du dossier « vécu » au tiroir « émotions » …

C’était en tout cas peu avant le cap douloureux du BAC (tiens ! une anagramme !) de 1967. En ces temps lointains, les distractions d’un pensionnaire lambda (fut ce dans le cadre idyllique du Lycée Bellevue) n’étaient pas lerche, tout au moins au plan de l’audiovisuel, et consistaient en tout et pour tout en l’autorisation d’assister à l’émission mensuelle « cinq colonnes à la une », péniblement dispensée par le téléviseur du foyer de l’internat, qui s’évertuait à restituer (en noir et blanc) divers reportages, traitant notamment des conflits de l’époque (qui n’en manquait, hélas, déjà pas …).

Dans ce contexte gris, l’initiative d’un enseignant (qui avait eu l’idée d’organiser à l’ABC une soirée de cinéma destinée à égayer l’ordinaire des pensionnaires) fut accueillie par les intéressés avec l’enthousiasme que l’on devine. D’autant que le déplacement en autobus promettait de donner à l’affaire une franche connotation d’aventure marquante.

Marquante, elle le fut en effet, et cette prise de contact avec le « grand » écran me reste encore bien présente à l’esprit, même si le souvenir du film qui y était projeté est depuis longtemps tombé dans l’oubli (j’en demande pardon au 7° Art !!).

La petite histoire tenant comme toujours - bien serrée - la main de la grande, ce retour dans le passé me porte également à sourire à l’évocation de l’escapade de l’un de mes camarades, qui réussit à tromper la vigilance du personnel d’encadrement, une fois le bus garé place Jeanne d’Arc, pour emprunter furtivement la direction inverse et partir, on peut raisonnablement le penser, en quête d’émotions encore méconnues et d’une toute autre nature.

Accaparé par cette liberté frauduleusement acquise, le malheureux – peu au fait de la durée d’une séance cinématographique – s’en revint au point de ralliement avec une bonne heure de retard sur le reste de la troupe, qui attendait anxieusement dans le fameux autobus, après plusieurs décomptes affolés du personnel d’encadrement, rongé par l’inquiétude. Sommé par l’Autorité d’exposer sur le champ (aux fins de justification) un résumé du film auquel il était censé avoir assisté, le malheureux le devint instantanément un peu davantage … et davantage encore le lendemain !!

Quant à ma petite personne, après ce premier contact pittoresque avec l’ABC, les aléas de la vie m’ont contraint à une parenthèse de plusieurs décennies … C’est dire que j’ai retrouvé, voici 3 ans, ce lieu d’enchantement avec une tendresse décuplée. Sans doute parce que nous sous sommes connus jeunes … Peut-être aussi parce que je lui rends désormais visite en bonne compagnie …

Alors, mon vieil ami, que pourrions-nous nous souhaiter de mieux, en guise de vœux pour la nouvelle année, que de pouvoir nous fréquenter encore très longtemps ?

Jean Paul, le 14 janvier 2016

50 ans du cinéma ABC

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