Monsieur Hulot, dessinateur d’un camping-car expérimental, accompagne celui-ci sur les autoroutes de France et de Belgique en direction du salon de l’automobile d’Amsterdam où le modèle doit être exposé. Mais entre les nombreuses pannes, les problèmes mécaniques, la fouille à la douane, l’accident, la route est longue et semée d’embûches, qui mettent en péril la réussite commerciale de l’opération, menaçant Hulot et son camping car de ne pas arriver à temps pour l’ouverture du salon…
Quatre ans après l’entreprise colossale qu’était PlayTime, Jacques Tati endosse une nouvelle et dernière fois le personnage de M. Hulot dans ce long-métrage réalisé en 1971, Trafic. L’acteur-réalisateur prend ici pour thème l’explosion de l’automobile qui a lieu au tournant des années 1970, avec l’essor spectaculaire de ce moyen de transport chez les classes moyennes occidentales. Les autoroutes deviennent, dans l’univers de Jacques Tati, des jungles modernes où les hommes se transforment en véritables bêtes de foire, enfermés dans leur voiture. Le réalisateur poursuit une nouvelle fois son expérimentation sur l’image et le son – le film est ici tourné en décors naturels - en recourant à un genre cinématographique encore peu exploité à l’époque : le road movie. À l’instar d’un Jean-Luc Godard avec Week-end (1967), Tati traque le quotidien sur les routes – déjà bien encombrées – d’Europe de l’Ouest, annonçant la société globalisée de demain. Une vision mordante de la révolution automobile à admirer dans sa superbe version restaurée !
